Accéder au pouvoir du moment présent : Mon défi de 10 semaines! 

SPIRITUALITE


2014 – Nuits blanches à Fribourg

Je ne garde pas un très bon souvenir de mon année 2014.

Elle commence par six mois de révisions intensives en préparation de mes examens du barreau, pour devenir avocat.

Comment faire rentrer la matière – énorme – de ces examens dans ces six mois ? Sur quoi dois-je me concentrer ? Qu’est-ce que je peux laisser de côté ? Arriverais-je au bout de mon programme à temps ? Vais-je réussir ces examens, dont on dit que le taux d’échec est extraordinairement élevé ?

Voici quelques-unes des questions qui me taraudent et tournent en continu dans mon esprit. Jour… et nuit. En effet, pour ce qui semble être la première fois de ma vie, mon niveau de stress est tel qu’il m’empêche de dormir. Souvent, lorsque je me couche le soir, plutôt que de se reposer lui aussi, mon esprit semble profiter de mon état extérieur d’inactivité pour s’emballer. Les pensées défilent dans ma tête, comme une voix intérieure qui ne veut pas se taire. Impossible de la calmer, impossible de m’endormir. La nuit passe sans que j’arrive à fermer l’oeil. Et je découvre qu’une nuit sans sommeil en entraîne souvent une autre: car au stress lié aux examens vient s’ajouter alors la crainte de ne pas arriver à s’endormir. Les nuits d’insomnie s’enchaînent.

J’essaie les somnifères et la sophrologie. La course à pied et les tisanes calmantes. L’hydrolat de fleur d’oranger et les balades nocturnes. Cela fonctionne un peu, parfois. Jusqu’à la prochaine nuit blanche…

De cette année, j’ai gardé deux choses: mon titre d’avocat, que j’obtiens le 4 décembre, au terme de mon dernier examen. Et un sommeil fragilisé, qui peut désormais me fuir dès que je connais un certain niveau de stress.

fribourg

Eté 2018, Prague – Une étrange lecture

Je suis en vacances à Prague avec deux amis. L’un d’eux lit un livre intitulé “Le pouvoir du moment présent”. Par curiosité, je le feuillette et en lis quelques passages. Corps de souffrance, ego, éveil,…: le livre a l’air de traiter de bien étranges concepts, qui me semblent nébuleux et ne me parlent guère.

Prague

Eté 2019, Vernamiège – Freizeitstress

Je suis à la montagne, pour y passer la première semaine de mes vacances d’été. Alors que je suis couché dans mon lit, pour ma première nuit, mon esprit commence à passer en revue tout ce que j’ai envie de faire durant mes vacances qui commencent : des objectifs sportifs, des cours, des projets qui me tiennent à coeur mais auxquels je n’ai pas le temps de me consacrer le reste de l’année. Très vite, la voix dans ma tête s’emballe et je n’arrive plus à l’arrêter. Comme un disque rayé, elle joue pensée sur pensée. Elle ne me laisse pas trouver le calme nécessaire au sommeil. Je ne dors pas de la nuit.

J’avais jusqu’à présent mis mes épisodes insomniaques sur le compte du stress. Mais comment est-il possible que je sois stressé alors que je suis en vacances ? (J’apprends plus tard que l’allemand a même un mot pour désigner ce stress: Freizeitstress. Je ne serais donc pas le seul à le vivre ?).

Pourquoi mon esprit a-t-il autant besoin de se projeter dans le futur, de l’imaginer, de l’anticiper, d’essayer de le contrôler ? Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à être simplement dans le présent ? Car, pour sûr, si j’arrivais à rester dans le présent, mon esprit n’aurait aucune raison de ne pas me laisser tranquille et je pourrais dormir sans problème.

Comment faire pour rester dans le moment présent ? La question a l’air stupide tant sa réponse semble aller de soi. Et pourtant, on dirait bien qu’elle m’échappe.

Le moment présent… ça me rappelle quelque chose. N’était-ce pas mon ami qui lisait un livre sur le sujet ? Oui, j’en renvois la couverture: “Le pouvoir du moment présent”. Un pouvoir dont j’aurais grand besoin en ce moment.

Dès le lendemain, je recherche le livre dans ma bibliothèque. Bingo ! “Le pouvoir du moment présent” par Eckhart Tolle. Je le réserve aussitôt.

Vernamiège

Eté 2019, Mayens de Conthey – Retour vers le présent

Toujours en vacances, mais sur une autre. montagne, je suis en train de lire avidement “Le pouvoir du moment présent”. Si lors de ma première et brève rencontre avec ce livre, l’année précédente, ses concepts m’avaient paru étranges et éloignés, cette fois-ci ils me parlent totalement. Je me reconnais tellement dans ce qu’Eckhart Tolle décrit: notre addiction à la pensée, notre identification au mental, notre fuite du présent. La solution qu’il présente pour se libérer de l’asservissement à la pensée paraît d’une simplicité évidente. Et en même temps terriblement difficile, tant elle s’écarte de ma – notre ? – manière de fonctionner au quotidien.

J’étudie le livre en détail, prends des notes, essaie d’en faire une synthèse.

Je tente à partir de ce moment de mettre en pratique cet enseignement dans ma vie de tous les jours. Je remarque peu à peu des changements. Il semble que j’arrive de plus en plus à apprécier les petites choses du quotidien, la beauté de ce qui m’entoure. J’ai l’impression de devenir moins impatient, d’être moins facilement contrarié et irrité. La qualité des mes relations a l’air de s’améliorer. Celle de mon sommeil également. De belles opportunités m’arrivent.

Ai-je pour autant atteint “l’illumination” dont parle Eckhart Tolle ? Non, loin de là ! Mon mental est encore bien présent et vigoureux. Mais sans doute que s’en libérer est le travail de toute une vie ? D’un autre côté, Eckhart Tolle n’écrit-il pas que l’éveil peut avoir lieu maintenant, dans le présent ? Qu’il ne peut d’ailleurs se faire que dans le moment présent ? Qu’il est beaucoup plus simple qu’on ne l’imagine ? Qu’il consiste en fait à réaliser simplement qu’on y est déjà ?

Mayens de Conthey

Printemps 2021, Lausanne – Une liste sans fin

Depuis plusieurs mois, je connais une période d’activité intense. La grande excitation qui l’accompagnait au début semble peu à peu se muer en état de stress plus ou moins constant. Je sens que le surmenage menace. Les insomnies, qui m’arrivaient encore de temps à autre, redeviennent plus fréquentes. Mon mental fonctionne à plein régime, à plein temps.

En fin de journée, j’essaie de me tranquiliser en dressant des listes de choses à faire. J’essaie ainsi de me montrer que je peux arriver à faire tout ce que je dois faire, tout ce que je veux faire. Le lendemain, je cours de tous côtés pour essayer de cocher le plus possible de tâches. Et je ressens comme une contrariété tout imprévu qui vient contrecarrer ma planification serrée. J’ai beau me démener, mais plutôt que de diminuer, mes listes de tâches semblent s’allonger à vue d’oeil. Comment vais-je bien pouvoir en arriver à bout ? Je revois les priorités, dresse une nouvelle liste… Mais cela semble de moins en moins suffire à me tranquiliser.

Certes, en lien avec ma suractivité, je pourrais identifier des circonstances extérieures. Des personnes, des situations, des projets. Certes, je pourrais me dire que ce sont elles qui sont la cause de mon stress et m’en plaindre.

Mais mon expérience, et en particulier mon apprentissage de la Technique Alexander, me conduit à penser qu’il n’y a pas de chose qui soit stressante en soi. Que le stress est au contraire une manière de répondre à certaines situations – à certains stimulus, comme on dirait en Technique Alexander. Et qu’il n’appartient donc qu’à moi de choisir d’y réagir autrement. Si je ne peux peut-être pas changer la situation extérieure, je peux certainement changer ma manière d’y répondre.

Je me mets donc en recherche de solutions. Pour essayer d’augmenter ma productivité et arriver au bout de mes tâches, j’apprends la méthode “Getting Things Done” (“S’organiser pour réussir “de David Allen). Mais je me retrouve avec encore plus de listes de tâches à gérer ! J’essaie ensuite l’approche inverse: en faire moins et se limiter à l’essentiel (“L’essentialisme: faire moins mais mieux ! L’art d’être réellement efficace” de Greg McKeown). Mais là aussi le fond du problème semble à peine effleuré.

Je me rends peu à peu à l’évidence: le problème se situe à un niveau bien plus profond et essentiel. Il ne se limite pas aux domaines qui me causent actuellement du stress, mais est bien plus large. Il concerne ma manière de vivre l’instant présent.

Au fond de moi, je sais où se situe ce problème. Et par quel chemin passe sa solution.

Je crois qu’il est grand temps que je relise Eckhart Tolle.

Eté 2021, Engadine et Mayens de Vernamiège – Le défi du présent

Au moment de partir en vacances d’été, je glisse dans mon sac “Le pouvoir du moment présent”. Je m’y replonge, en particulier durant les quelques nuits sans sommeil qui viennent ponctuer mes vacances.

L’enseignement d’Eckart Tolle me parle toujours autant. Je suis convaincu que l’affirmation de la quatrième page de couverture – “ce livre a le pouvoir de métamorphoser votre vie” – n’est pas une vaine parole.

Je prends alors une décision: durant les prochaine semaines, je veux faire de la mise en pratique de ce livre ma priorité. Je décide de m’y prendre de la manière suivante:

  • Je vais procéder un chapitre après l’autre.
  • Je vais le relire en détail, puis pour l’assimiler, je vais essayer de le synthétiser par un sketchnote (Le sketchnote est une technique qui mélange éléments textuels et visuels. Je l’ai apprise l’été dernier et je l’ai expérimentée en décembre 2020 en “sketchnotant” le livre “Thinking aloud” de Walter Carrington, sur la Technique Alexander).
  • Je vais ensuite essayer de mettre en pratique dans mon quotidien l’enseignement de ce chapitre. Je vais me définir des objectifs, dont je tâcherai de faire la priorité de mes journées.
  • Je vais tenir un journal de mes expérimentations. J’y écrirai comment je parviens – ou non – à mettre en oeuvre mes objectifs au cours de mes journées, dans mes différentes activités et les diverses situations que je rencontre. J’y décrirai mes progrès, mes difficultés, mes réflexions.
  • Inspiré par ma lecture de “Partager comme un artiste” d’Austin Kleon, je décide de partager publiquement ce processus sur ce site. Pour me rendre ainsi redevable envers quelqu’un d’autre que moi-même – vous, mes hypothétiques lecteurs – de mener à bien ce projet. Et aussi pour partager mon expérience, au cas où elle pourrait être bénéfique à d’autres. Après tout, si je n’avais pas vu un ami lire “Le pouvoir du moment présent”, je n’en serais sans doute jamais venu à le lire moi-même.
  • Enfin, pour rendre ce projet encore plus concret, je décide de lui donner un objectif temporel. Il y a dix chapitres dans le livre. Je me donne une semaine pour mettre en oeuvre chaque chapitre. J’ai donc 10 semaines pour tenter d’accéder au pouvoir du moment présent !
Mayens de Vernamiège

La décision d’en faire ma priorité pour les dix prochaines semaines n’est pas facile à prendre. J’ai bien d’autres projets dans la tête que j’aimerais également mener à bien. Des projets liés à des domaines qui me passionnent – le théâtre, la musique, la durabilité, pour en citer quelques-uns. Des projets que j’effectuerais par choix, alors que celui dont je parle ici semble s’être imposé à moi, dicté par des circonstances dont je me serais volontiers passé.

Mais je me rends compte que vouloir tout mener de front n’est pas une bonne option. Que ce faisant je ne me donnerais pas la chance d’atteindre ce que je souhaite. Que ce serait au contraire la meilleure recette pour augmenter un stress dont je cherche précisément à me débarrasser. Il faut donc faire un choix.

Il y a une chose que j’ai retenue de ma lecture de “L’essentialisme: faire moins mais mieux !”: l’auteur Greg McKeown préconise d’identifier, parmi toutes les choses à faire, LA chose qui est essentielle, à savoir celle qui rendra toutes les autres superflues.

J’ai l’impression qu’en ce moment, pour moi, le pouvoir du moment présent est précisément cette chose. Une fois que j’aurais progressé dans cette dimension, tous mes autres projets ne devraient certes pas devenir superflus pour autant. Mais ma motivation à les accomplir et ma manière de le faire devraient avoir radicalement changé. Pour le meilleur. C’est en tout cas l’expérience que décrit d’Eckhart Tolle.

Est-ce que ce sera la mienne aussi ?

A voir dans dix semaines !

Retrouvez mes sketchnotes des chapitres de “Le pouvoir du moment présent” ainsi que le journal de ma mise en pratique:

Le défi du présent, semaine 1: “Vous n’êtes pas votre mental” – Journal

Le défi du présent, semaine 2 : “Se sortir de la souffrance par la conscience” – Journal

Le défi du présent, semaine 3 : “Plonger dans le moment présent” – Journal

Le défi du présent, semaine 4 : “Les stratégies du mental pour éviter le moment présent” – Journal

Newsletter par e-mail

Inscrivez-vous pour recevoir les nouveaux articles directement dans votre boîte mail !

(pas de spam, désinscription possible à tout moment en 1 clic)

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

code