Le défi du présent, jour 10 : “Conscientiser la peur” – Journal

SPIRITUALITE


Cet article fait partie du journal que je tiens de mon défi du présent: 10 semaines pour lire, intégrer et mettre en pratique dans mon quotidien les enseignements de “Le pouvoir du moment présent” d’Eckhart Tolle.

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Mon objectif du jour

A part la résistance au présent, une autre caractéristique de l’identification au mental est la peur. L’ego étant une identité artificielle, il est vulnérable et vit dans la crainte constante de son anéantissement. Ce danger entraîne la peur ainsi que des mécanismes de défense. C’est sur cette peur et sur ces manifestations défensives que j’aimerais porter mon attention aujourd’hui.

conscientiser toute manifestation défensive

Je veux observer cette peur, qui peut prendre la forme de “malaise, inquiétude, anxiété, nervosité, tension, appréhension, phobie, sentiment de menace.

Je veux prendre conscience du fait que:

  • cette peur “concerne toujours quelque chose qui pourrait survenir [dans le futur], et non pas ce qui est en train d’arriver [dans le présent]“;
  • que cette peur vient du fait que mon mental, auquel je suis identifié, est dans le futur alors que je suis dans l’ici maintenant;
  • que je ne peux pas composer avec le futur.

Enfin, je veux observer les conséquences de cette peur dans les différents aspects de ma vie, les réactions de défense qu’elle suscite chez moi. Parmi celles-ci, Tolle cite notamment “le besoin compulsif d’avoir raison et de donner tort à l’autre – en défendant la position mentale à laquelle vous vous êtes identifié“.

Comme avec les pensées et les émotions, comme avec les schémas de résistance, l’observation de ces mécanismes de défense doit permettre de s’en détacher. Cela n’implique bien sûr pas qu’il ne soit plus possible d’être en désaccord avec son interlocuteur, ni qu’il faille renoncer à l’exprimer: “vous pourrez énoncer clairement et fermement […] ce que vous pensez, mais sans agressivité ni en étant sur la défensive“.

Mes observations

La journée d’aujourd’hui semble être particulièrement indiquée pour m’intéresser au sujet de la peur. Je pars en effet en déplacement professionnel à l’étranger pour quelques jours. Généralement, je dors rarement bien la veille d’un départ en voyage. Mon esprit nourrit et ressasse alors, plus ou moins consciemment, des inquiétudes en lien avec le départ pour un contexte qui ne m’est pas familier et les multiples inconnues qu’il me réserve. Une excellente opportunité d’essayer de rendre ces peurs conscientes et de les observer!

Le sort semble d’ailleurs vouloir m’aider à rendre l’exercice aussi riche que possible, puisqu’il vient semer la pagaille dans mon voyage en train: arrivé à Bâle, j’apprends qu’une interruption du trafic ferroviaire rend impossible la poursuite du trajet, pour une durée indéterminée. Voilà qui vient ajouter quelques motifs d’inquiétudes supplémentaires à ceux qui accompagnement habituellement mes voyages. J’essaie de tirer le meilleur parti de ces circonstances pour observer ces peurs. Je tente de les mettre en mots. Je me demande : “De quoi ai-je peur ?“. Et ensuite: “Pourquoi ai-je peur de cela ?” Je remarque qu’il ne m’est pas évident de répondre à cette deuxième question, tant il ne m’est pas habituel de questionner mes peurs. Mais en le faisant, je ne peux que constater ce que dit Tolle: la peur concerne toujours quelque chose qui pourrait survenir dans le futur et qu’elle est liée à l’ego, qui craint son anéantissement.

Un exemple (dialogue avec moi-même):

“- De quoi as-tu peur ?

– J’ai peur que ce problème de train m’empêche d’arriver à destination aujourd’hui.

– Pourquoi as-tu peur de cela ?

– (un temps) Si je n’arrive pas aujourd’hui, je vais devoir repousser mon voyage à demain.

– Et alors ?

– Eh bien, je manquerai une partie du programme prévu de mon séjour.

Et pourquoi as-tu peur de manquer une partie du programme ?

– (un temps) Est-ce que ne serait pas manquer à mon engagement ?”

Ne pas arriver à destination aujourd’hui est une possibilité future, incertaine (elle ne s’est finalement pas réalisée). Et est-ce que craindre de manquer à mon engagement ne revient pas à craindre d’écorner l’image mentale que je me fais de moi-même et à laquelle je m’identifie, à savoir mon ego?

Ces deux constats, j’arrive à les faire en lien avec chacune des peurs que j’ai le loisir d’observer durant mes quelques heures d’attente sur le quai de gare. Conscientiser mes peurs a pour effet de les calmer. J’arrive mieux à accepter l’incertitude du futur et à rester dans le présent. “Ce que l’on accepte se transforme“.

Conscientiser mes peurs me permet aussi d’observer les multiples apparences qu’elles peuvent prendre. Par exemple, il me semble que beaucoup d’entre nous réagissons habituellement avec contrariété et irritation à une annonce d’annulation de train qui vient compromettre le déroulement prévu d’un voyage. En creusant cette réaction, en observant ces émotions, je m’aperçois que derrière elles il y a en fait une forme de peur, souvent inconsciente. Si la situation me contrarie, c’est parce qu’elle fait naître en moi une peur. Aussi, mon mental y résiste et j’éprouve de la contrariété. Y aurait-il ainsi toujours une peur qui se cache derrière la résistance au présent, que j’ai cherché à observer hier?

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