Le défi du présent, jour 13 : “Surmonter les résistances à affronter le corps de souffrance” – Journal

SPIRITUALITE


Cet article fait partie du journal que je tiens de mon défi du présent: 10 semaines pour lire, intégrer et mettre en pratique dans mon quotidien les enseignements de “Le pouvoir du moment présent” d’Eckhart Tolle.

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Mon objectif du jour

Tolle confirme mon constat d’hier: observer son corps de souffrance n’est pas chose aisée ! Deux obstacles peuvent se dresser en travers du chemin. Le premier est la peur d’affronter la douleur. Le second est la peur de perdre son identité.

Observer le corps de souffrance suppose de ressentir consciemment les émotions négatives qui l’accompagnent, d’accepter leur présence. Une perspective qui n’a rien d’agréable, voire qui peu susciter la peur. Notre réflexe habituel est en effet plutôt de fuir les émotions négatives. Or, la survie du corps de souffrance dépend précisément de cette “peur inconsciente d’affronter la douleur qui vit en [nous]. […] Si vous ne vous mesurez pas à elle, si vous ne lui accordez pas la lumière de votre conscience, vous serez obligé de la revivre sans arrêt“. Il est dès lors important d’arriver à traverser cette peur. Une peur qui d’ailleurs est infondée, nous assure Tolle : “le corps de souffrance peut vous sembler un dangereux monstre que vous ne pouvez supporter de regarder, mais je vous assure que c’est un fantôme minable qui ne fait pas le poids devant le pouvoir de votre présence”.

Certaines personnes se sont identifiées à leur corps de souffrance, de sorte que dissiper celui-ci reviendrait à perdre cette identité “malheureuse mais familière” et à “faire un saut dans l’inconnu“. Cela peut également être source de peur et de résistance à dissiper le corps de souffrance.

Si l’une ou l’autre de ces peurs est présente, il faut s’y confronter, avant de pouvoir affronter le corps de souffrance. De quelle manière ? De la même manière qu’on peut se désidentifier de toute émotion: en l’observant ! (cf. jour 3) “La résistance cessera si vous la rendez consciente“.

Aujourd’hui, je veux être observer en moi la peur d’affronter le corps de souffrance et celle de m’en défaire.

Mes observations

La peur d’affronter la douleur dont parle Tolle me parle tout particulièrement. Elle fait écho à l’observation que je faisais hier. Je remarquais en effet que mes tentatives avaient tendance à suivre l’un ou l’autre des deux scénarios suivants:

  1. soit je ne réussis pas observer mon corps de souffrance qui s’est réveillé
  2. soit j’évite les situations qui pourraient réveiller mon corps de souffrance

Derrière ces deux scénarios, je peux en effet déceler la peur d’affronter la douleur dont parle Tolle.

Dans le premier cas de figure, j’ai conscience qu’une situation a réveillé mon corps de souffrance. Que je suis en train de l’alimenter en créant de la souffrance. Que la seule manière de mettre fin à la souffrance est de lui accorder toute mon attention. Mais malgré cela, je me sens impuissant à le faire. L’effort d’observer ma souffrance me paraît au-dessus de mes forces. Pour quelle raison ? C’est comme si je craignais qu’en l’observant, elle n’augmente (alors que je sais que c’est l’inverse qui est vraie). Ma peur de l’affronter me conduit à renoncer à essayer de l’observer. J’essaie alors de me convaincre qu’en restant inconscient à ma souffrance, celle-ci finira par disparaître (alors que là aussi, je sais que c’est l’inverse qui est vraie).

Si je veux avoir une chance de dissiper le corps de souffrance, je dois donc arriver à affronter cette peur de l’observer.

Le problème, c’est que bien souvent je n’ai même pas la possibilité de m’y essayer, car je privilégie le deuxième scénario que j’ai indiqué plus haut: j’évite purement et simplement les situations qui pourraient réveiller mon corps de souffrance.

Confronté à la perspective d’une situation inconfortable, je suis tenté d’éviter la situation plutôt que de m’y confronter. La situation inconfortable peut prendre de multiples formes: une certaine tâche à effectuer, une certaine discussion à avoir, un email à écrire, un téléphone à faire, une invitation à un événement, etc. Qu’est-ce qui la rend inconfortable ? Le fait que je ne peux prédire, non pas tant son issue, que la manière dont je vais réagir. Ma façon de faire face à cette situation pourrait me décevoir. Elle pourrait ne pas correspondre à l’idée que je veux avoir de moi, me causant ainsi de la douleur. Cette douleur pourrait faire écho à une douleur passée et réveiller mon corps de souffrance. Il se peut donc bien que la peur d’affronter celui-ci soit présente derrière cette stratégie d’évitement, derrière cet art de la fuite.

Je médite un peu à ce sujet. En évitant une situation potentiellement douloureuse, je m’évite une possible douleur. Or, sortir de la souffrance, n’est-ce pas précisément ce que je recherche ? Certes. Mais chercher la paix en fuyant certaines situations comporte aussi son lot de problèmes:

  • En évitant certaines situations, je me prive de certaines expériences.
  • Plus j’évite des situations, par peur de l’inconfort qu’elles pourraient susciter, plus je risque de craindre ces situations elles-mêmes et d’étendre ainsi le champ de ma peur.
  • En cherchant à éviter des situations pour éviter la souffrance, je résiste en fait au présent; or, je l’ai vu plus tôt dans la semaine, résister au présent est source de souffrance !
  • En évitant les situations potentiellement douloureuses, je me prive de la possibilité d’affronter la douleur qui vit en moi, alors que, d’après Tolle, c’est la seule possibilité de la dissiper.
  • Certaines situations – des tâches par exemple – ne peuvent pas être totalement évitées, mais seulement retardées. Dans ce cas, l’art de la fuite peut uniquement consister à les repousser aussi longtemps que possible. Mais plus je repousse le moment où je devrai – inéluctablement – me confronter à la situation, plus je donne – inutilement – à ma peur et à ma résistance face à cette situation du temps pour se manifester et prospérer.
  • Il m’est impossible d’éviter toute situation douloureuse. Il y en a que je serai forcé de vivre et d’affronter. Or, lorsque de telles situations se présenteront, moins je serai habitué à affronter la douleur, moins j’aurai de chance de le faire avec présence et conscience, et plus je courrai de risque de m’identifier à mon corps de souffrance.

Je suis peut-être conscient de certains de ces problèmes inhérents à cette stratégie de la fuite. Mais j’ai néanmoins l’air de croire qu’ils sont en fait peu de chose par rapport à la souffrance que je crois m’éviter ainsi.

La réalité semble cependant être tout autre: la souffrance que je me crée par la fuite est loin d’être négligeable, alors que celle que je m’évite en réalité est insignifiante. Elle est seulement “un fantôme minable qui ne fait le poids devant le pouvoir de votre présence”.

Ce que je dois apprendre à éviter, ce ne sont pas les situations qui réveillent mon corps de souffrance, mais mon identification à celui-ci.

Le seul moyen de m’en désidentifier est de l’observer.

Le seul moyen de l’observer est de le laisser se réveiller.

Le seul moyen de le laisser se réveiller est de me confronter aux situations qui pourraient déclencher son réveil.

Le seul moyen de me confronter à ces situations est d’arriver à passer outre la peur et l’inconfort qu’elles m’inspirent.

Et le seul moyen de passer outre cette peur et cet inconfort est de les observer, de les ressentir. Les embrasser plutôt que les fuir. Les rechercher plutôt que les éviter. Y voir un panneau indicateur pointant dans la direction où je veux aller plutôt qu’une voie sans issue. Staying with the trouble. Vivre avec le trouble.

Je suis tenté de remettre à plus tard une tâche qui me paraît trop compliquée ? Je m’y mets aussitôt – et j’observe ma réaction. Je suis invité à participer à un événement, où je risque de ne connaître personne, et hésite à y aller ? J’y vais – et j’observe ma réaction.

I'm not afraid of storms for I'm learning how to sail my ship.
Je n’ai pas peur des tempêtes, car j’apprends à manoeuvrer mon bateau.

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