Le défi du présent, jour 14 : “Sentir le corps de l’intérieur” – Journal

SPIRITUALITE


Cet article fait partie du journal que je tiens de mon défi du présent: 10 semaines pour lire, intégrer et mettre en pratique dans mon quotidien les enseignements de “Le pouvoir du moment présent” d’Eckhart Tolle.

Retrouvez les autres entrées de ce journal.

Mon objectif du jour

Beaucoup des pratiques de cette semaine ont consisté à observer des émotions – ma négativité face au présent (jour 9), ma peur de l’anéantissement de l’ego (jour 10), mon sentiment d’incomplétude (jour 11), les émotions par lesquelles mon corps de souffrance se manifeste (jour 12) ou encore celles qui me dissuadent de m’y confronter (jour 13). J’aimerais dès lors revenir aujourd’hui à la pratique du jour 5, qui avait pour but de faciliter le contact avec ses émotions et qui consistait à sentir son corps de l’intérieur.

Je veux essayer, tout au long de la journée, de garder en permanence une partie de mon attention sur l’énergie de mon corps, d’être le gardien constant de mon intérieur. Je veux en particulier garder à l’esprit que:

  • Cette attention ne doit pas être le fait du mental. Je ne dois pas analyser, étiqueter mon état, mais seulement le ressentir, consciemment.
  • Cette attention comprend observation et acceptation. En revanche, elle ne consiste pas à chercher à imposer un certain état, à vouloir changer ce que j’observe pour le faire se conformer à un idéal.
  • Cette attention doit être totale: elle doit englober mon corps dans son entier, chacune de ses parties.
  • Cette attention doit être constante. Elle doit avoir lieu sans interruption, à chaque instant.
  • Cette attention doit être constamment renouvelée. A chaque instant, je dois me demander à nouveau: “Et maintenant, qu’est-ce que je sens ?“. Je ne dois pas préjuger que la réponse sera la même que ce qu’elle a été une seconde plutôt, ou que ce qu’elle sera une seconde plus tard. Je dois au contraire autoriser chaque instant à être différent du précédent et du suivant.

Mes observations

Je remarque qu’il est difficile d’arriver à sentir en permanence mon corps de l’intérieur. Comme si des forces étaient à l’oeuvre pour tenter sans cesse d’en détourner mon attention. J’identifie en fait deux types de mouvement, deux types de forces:

  • Il y a tout d’abord des forces extérieures qui essaient d’attirer mon attention vers elles. Qui me happent hors de moi. C’est le cas lorsque la situation extérieure que je vis est d’une certaine intensité. Lorsqu’elle comporte un enjeu et une urgence qui me paraissent plus importants que celui de l’observation de mon état intérieur. Il peut s’agir d’une discussion que je suis en train d’avoir avec une personne et de ma volonté de lui faire admettre mon point de vue. Il peut s’agir d’une action que je suis en train d’accomplir et de ma volonté d’atteindre un certain résultat. La discussion, l’action me semblent alors nécessiter mon attention pleine et entière.
  • Il y a ensuite des forces intérieures qui essaient de détourner mon attention loin d’elles. Qui me chassent hors de moi. C’est le cas lorsque sentir mon corps de l’intérieur est inconfortable. Lorsque ces sensations sont désagréables. Lorsque j’y observe des émotions négatives, des choses que je préfèrerais ne pas y voir et que je crains de ne pas arriver à gérer. Je préfère alors éviter de m’y confronter et détourne mon attention vers l’extérieur.

Ces forces extérieures et intérieures:

  • m’amènent dans la même direction: hors de moi;
  • vont souvent de pair: plus la situation extérieure paraît urgente, plus le risque est grand qu’elle entraîne des émotions négatives, comme le stress;
  • ont tendance à se renforcer mutuellement: plus je suis happé vers l’extérieur, plus je néglige d’être le gardien de mon espace intérieur, où les émotions négatives ont alors le champ libre pour prospérer ; et à l’inverse, plus je cherche à fuir mon intérieur, plus je vais chercher à m’absorber dans des choses extérieures pour détourner mon attention des émotions que je fuis.

Que faire face à ces forces ?

Pour répondre aux forces intérieures, qui me poussent à me détourner de sensations négatives, je dois accepter de me confronter à celles-ci. Accepter ma peur de m’y confronter. Réaliser que c’est la seule véritable façon de dissiper leur emprise. C’est d’ailleurs un constat que j’ai fait déjà à de nombreuses reprises depuis le début de ce défi: la semaine dernière avec l’observation des pensées (jour 1) et celle des émotions (jour 3); cette semaine, en lien avec l’observation du corps de souffrance (jour 12 et jour 13). La conclusion est toujours la même: Staying with the trouble. Rester avec le trouble.

Quant aux forces extérieures, je peux leur répondre en me rappelant de garder toujours une partie de mon attention à l’intérieur. Quoi qu’il se passe à l’extérieur. Comme le dit Tolle: “Accordez au moins autant d’attention à vos réactions qu’à la situation ou à la personne qui vous fait réagir“. Ou encore: “Soyez au moins aussi intéressé par ce qui se passe en vous que par ce qui se passe à l’extérieur.

Cela me fait repenser à une vidéo que j’ai vue récemment. Dans cette vidéo, Eckhart Tolle répond à la question de comment éviter de voir son énergie vidée par les personnes que nous côtoyons, que nous écoutons.

Sa réponse (que je traduis): “Le secret est de rester conscient de votre propre présence pendant que vous écoutez. (…) Pour continuer à avoir votre attention sur votre espace intérieur, pendant que vous écoutez, je dirais que plus de 50 % de votre attention, si on pouvait la quantifier, 70 % de votre attention doit être consacrée à votre présence, votre calme. Et c’est depuis cet endroit que vous écoutez. Alors, écouter ne devient plus épuisant.

Cette image de quantifier l’attention me parle. L’image que nous ayons, à chaque moment, un certain capital d’attention à disposition. Il nous appartient de décider comment nous répartissons ce capital entre la situation extérieure que nous vivons et notre espace intérieur. Plus nous consacrons d’attention à la situation extérieure, moins il nous en reste à disposition pour notre espace intérieur. Et inversement.

J’essaie de me représenter cela visuellement.

Je pense à une balançoire à bascule.

balançoire à bascule

Cela m’inspire le dessin suivant.

A gauche, mon espace intérieur. A droite, la situation extérieure. A cheval entre les deux, hachuré, le champ de mon attention. Celui-ci est délimité, en haut et en bas par deux balançoires qui pivotent sur l’axe central.

Le mouvement de ces deux balançoires détermine la répartition de mon capital d’attention. Trois cas de figure sont possibles.

3 figures
  • Figure 1: Les deux balançoires restent horizontales ; le champ de mon attention est réparti de manière égale entre l’intérieur et l’extérieur.
  • Figure 2: Les deux balançoires s’éloignent l’une de l’autre du côté intérieur, ce qui a pour effet de les rapprocher du côté extérieur. Ce mouvement modifie la forme de mon champ d’attention: il augmente la part consacrée à l’intérieur et diminue d’autant celle sur l’extérieur.
  • Figure 3: Les deux balançoires ont le mouvement inverse. La part de mon champ d’attention sur l’extérieur augmente au détriment de celle sur l’intérieur.

Cette troisième figure est celle qui menace lorsqu’agissent les forces extérieures que j’évoquais plus haut. Lorsque la situation extérieure est tellement prenante qu’elle me happe hors de moi, qu’elle détourne une partie de mon attention loin de mon état intérieur. Le risque d’inconscience, d’identification à mes pensées et mes émotions augmente alors. Cette figure est dès lors à éviter. Comment faire ? Comment arriver à garder dans cette situation la figure 2 ou au moins la figure 1 ?

Je vois deux possibilités.

La première est de refuser d’augmenter l’attention que je porte à la situation extérieure – aussi urgente soit-elle, aussi grand son enjeu soit-il. Pour cela, je dois nourrir activement l’attention à mon intérieur pour garder ce champ ouvert et contrebalancer ainsi l’action des forces extérieures qui cherchent à le comprimer.

première possibilité

Cela me fait penser à ces personnes qui même dans des situations de grande urgence, arrivent à garder leur calme et à conserver une certaine nonchalance. A rester imperturbables. J’appelle ça la “star attitude”. Lorsque j’y suis confronté, cette attitude a souvent tendance à m’irriter. Non pas que je la trouve inadéquate. Au contraire. Je l’envie plutôt. Je me vois en train de m’agiter, je me sens pris dans une tempête. Mais elles non. J’aurais envie de les secouer, de leur communiquer mon stress. Ne mesurent-elles donc pas l’urgence de la situation ? Peut-être que non, en effet. Ou peut-être que oui, mais qu’elles considèrent que leur conscience intérieure est, malgré tout, plus importante.

Refuser d’augmenter mon attention sur l’extérieur, en nourrissant l’attention sur l’intérieur. Cultiver la “star attitude”. Première possibilité.

Dans certaines situations cependant, je n’aurai pas le choix que d’augmenter mon attention extérieure. Il est en effet évident que certaines situation requièrent une plus grande attention de ma part. J’ai sans doute besoin de mobilier plus d’attention extérieure pour gérer une situation de crise que pour me balancer sur mon hamac. Comment éviter de diminuer pour autant mon attention intérieure ? Comment éviter de me retrouver dans la figure 3 ? Comment garder alors la start attitude ?

Une seule solution: augmenter mon capital disponible d’attention, le périmètre total de mon champ d’attention. Déplacer les deux balançoires, non pas à leur extrémité, mais le long de leur axe central. De cette façon, je pourrai augmenter mon attention extérieure sans avoir à diminuer mon attention intérieure, mais tout en continuant au contraire de lui consacrer la plus grande proportion de mon capital total.

deuxième possibilité

Accepter d’augmenter mon attention sur l’extérieur, mais augmenter en même temps mon attention sur l’intérieur. C’est ma deuxième possibilité.

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