Le défi du présent, jour 2 : “Porter mon attention sur le présent” – Journal

SPIRITUALITE


Cet article fait partie du journal que je tiens de mon défi du présent: 10 semaines pour lire, intégrer et mettre en pratique dans mon quotidien les enseignements de “Le pouvoir du moment présent” d’Eckhart Tolle.

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Mon objectif du jour

Pour ce deuxième jour, je choisis de travailler sur le deuxième moyen cité par Tolle pour créer une discontinuité dans la pensée: reporter toute mon attention sur le présent. “Devenez juste intensément conscient de cet instant. (…) De cette façon, vous écartez la conscience de l’activité mentale et créer un vide mental où vous devez extrêmement vigilant et conscient, mais où vous ne pensez pas.

Tolle recommande d’exercer cela en particulier lors de toute activité routinière du quotidien “qui n’est normalement qu’un moyen d’arriver à une fin, en lui accordant votre totale attention afin qu’elle devienne une fin en soi.” En plus des exemples d’activités cités par Tolle (monter et descendre des escaliers, se laver les mains, conduire), j’en trouve d’autres dans “La Méditation de pleine conscience pour les nuls“: taper sur le clavier d’ordinateur, faire la vaisselle, passer l’aspirateur, manger, marcher.

Quelle que soit l’activité, l’idée est d’être totalement présent à celle-ci. Je repense à une proverbe Zen cité par Malcolm Balk dans “The Art of Running“: “When chopping wood and carrying water, just chop wood and carry water” (Lorsque vous coupez du bois et portez de l’eau, ne faites rien d’autre que couper du bois et porter de l’eau).

Pour être totalement présent, l’idée est de concentrer son attention sur ses perceptions sensorielles de l’instant présent: les sons, les images, les odeurs, les goûts, les sensations, …

Un critère certain vous permet d’évaluer si vous réussissez ou non dans cette entreprise: le degré de paix que vous ressentez alors intérieurement.

Mes observations

Je commence à nouveau ma journée par 30 minutes de pratique formelle. Malgré mon expérience positive de la veille, je constate que ma réticence à m’allonger pour trente minutes à ne “rien faire”est toujours là.

Cette fois-ci, je porte mon attention sur la réalité qui m’entoure: ce que je vois autour de moi dans ma chambre à coucher; ce que j’entends, dans la pièce où je suis, dans mon appartement, dans mon immeuble, dans la rue; les éventuelles odeurs ; les sensations sur ma peau.

Je continue ensuite cet exercice tout au long de la journée, en particulier lors de mes activités routinières. Celles-ci se prêtent en effet très bien à l’exercice: d’une part, parce que ce sont des activités qu’on a tendance à faire machinalement, de sorte qu’y prêter attention requiert un certain effort de conscience; d’autre part, du fait qu’elles sont habituelles, leur accomplissement ne requiert pas un effort de pensée particulier, de sorte que toute l’attention est disponible pour observer les sensations. En plus des activités citées plus haut, je m’y consacre en prenant ma douche, en me lavant les dents, en préparant à manger, en moulant mes graines de chia, en marchant dans la rue, en écrivant, …

Durant la journée, j’ai plusieurs conversations avec des collègues. J’ai l’impression d’être présent dans la discussion, à l’écoute. Je leur pose de nombreuses questions et m’intéresse à ce qu’ils me disent. Pourtant, j’observe qu’il m’arrive à plusieurs reprises de couper la parole à mes interlocuteurs: je leur pose une nouvelle question alors qu’ils n’ont pas encore terminé de répondre à la précédente. Je remarque aussi que pendant qu’ils me parlent je pense déjà à la prochaine question que je veux leur poser, de sorte que je n’accorde pas toute mon attention à ce qu’ils me disent. Est-ce que je crains les moments de silence dans la conversation ? Est-ce que je veux éviter que mon interlocuteur n’ait le temps de me poser une question ?

Je réfléchis à cela en rentrant chez moi. Je me dis que le présent est en fait une notion à géométrie variable. Je peux avoir une vision large du présent. Par exemple, dans l’activité de monter un escalier, je peux inclure dans ma notion du présent le fait de gravir l’ensemble des marches. Mais un tel présent inclut en fait du passé et du futur: lorsque je suis à mi-chemin, les premières marches que j’ai déjà gravies n’appartiennent plus au présent mais au passé; celles qui me restent à gravir n’appartiennent pas encore au présent mais au futur. Or, s’il y a du passé et du futur, il y a du temps; et s’il y a du temps, il y a du mental. Pour l’éviter et créer un vide mental, je me dis qu’il faut raccourcir ma vision du présent. Le présent n’est pas cet escalier que je suis en train de gravir, mais la marche précise sur laquelle mon pied repose en cet instant précis. Le présent n’est pas cette conversation que je suis en train d’avoir, mais le mot précis que mon interlocuteur est en train de dire en ce moment précis. L’amplitude du présent sur lequel je porte mon attention doit être aussi étroite que possible. Eckhart Tolle a une jolie image pour l’exprimer dans le troisième chapitre : “L’essence même de la philosophie zen consiste à avancer sur la lame de rasoir qu’est le présent.

L’autre constat que je fais en cette fin de journée n’est pas très positif: je ne ressens pas vraiment la paix intérieure dont parle Eckhart Tolle et qui m’aurait permis de conclure que j’ai réussi dans mon entreprise. Au contraire, je ressens des tensions, notamment dans mon cou et ma voix est enrouée, comme cela m’arrive souvent lorsque j’ai eu une journée stressante. Pourtant, j’ai bel et bien été plus présent que d’ordinaire dans mes perceptions sensorielles du présent. Comment est-ce possible ? Je fais quelques hypothèses:

  • Tolle écrit que le mental perçoit le présent comme une menace. Est-ce que, à mon attention accrue sur le présent et donc à une exposition accrue à cette menace, mon mental a répondu, logiquement, par une résistance accrue à celui-ci, qui s’est traduite par ces tensions physiques? Pour l’éviter, peut-être qu’un plus grande attention sur la réalité extérieure doit aller de paire avec une plus grande attention sur ma réalité intérieure, à savoir une observation attentive de mes pensées (cf. jour 1) ?
  • Est-ce que mes tensions viendraient des mes efforts, sincères mais mal dirigés, pour rester présent ? Est-ce que ceux-ci ont été menés par mon mental, alors qu’ils devaient au contraire viser à l’écarter ? Lorsque je m’apercevais que j’avais quitté mes perceptions sensorielles au profit de mes pensées, je mettais immédiatement fin à mes pensées et ramenais de force mon attention sur mes sens. Mais n’est-ce pas là une forme de jugement du mental, de résistance au présent ? Mes pensées ne font-elles pas aussi partie du présent sur lequel j’avais pour objectif de porter mon attention ? Lorsque mon attention est concentré sur mes pensées ne serait-il pas préférable d’accepter la situation puis de doucement élargir le cercle de mon attention pour y intégrer à nouveau mes sens, mais sans en chasser pour autant mes pensées ?

Autrement dit: lorsque mon attention est sur mes sens, faut-il l’élargir pour intégrer mes pensées, et lorsque mon attention est sur mes pensées, faut-il l’élargir pour intégrer mes sens ? “One after the other” oui, mais aussi “all together” ?

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