Le défi du présent, jour 26 : “L’inquiétude” – Journal

SPIRITUALITE


Cet article fait partie du journal que je tiens de mon défi du présent: 10 semaines pour lire, intégrer et mettre en pratique dans mon quotidien les enseignements de “Le pouvoir du moment présent” d’Eckhart Tolle.

Retrouvez les autres entrées de cette quatrième semaine du défi ainsi que le journal des autres semaines.

Mon objectif du jour

Après l’aversion, la plainte, la procrastination et le stress, place aujourd’hui à la cinquième stratégie du mental pour éviter le moment présent: l’inquiétude.

L’inquiétude naît du fait que mon mental, auquel je m’identifie, “se projette dans une situation future imaginaire” et menaçante pour lui.

Tolle décrit ce mécanisme comme une “folie corrosive qui sape votre santé et votre vie“. Pour quelle raison ? Parce que la situation future que mon mental imagine n’existe pas. Elle n’est qu’une illusion. Or, il n’y a aucun moyen de faire face à une illusion.

Quatrième stratégie S'inquiéter Le problème

Mais la bonne nouvelle, c’est que rien ne m’oblige à cette situation impossible, à cette “folie“. Je peux y mettre fin. Comment ?

  1. Tout d’abord “appréhender l’instant présent“. Il existe plusieurs façons de le faire, comme sentir sa respiration, prendre conscience de ses sensations corporelles, sentir son corps de l’intérieur, …
  2. Ensuite, plusieurs réalisations peuvent m’aider à rester dans ce présent et à laisser tomber toute pensée anticipatoire:
  • Réaliser que cet instant présent, que je suis en train d’appréhender, représente “tout ce que j’aurais jamais à affronter et envisager dans la vie réelle” (et non dans l’illusion d’un futur imaginé).
  • Réaliser que, lorsque j’appréhende cet instant présent (et que je ne me projette pas “l’an prochain, demain ou dans cinq minutes“), je n’ai aucun problème. Qu’il est même impossible que j’aie alors un problème, car les problèmes sont des fictions créées par l’illusion du temps.
  • Réaliser que je peux dès lors “toujours composer avec le présent“, quel qu’il soit (alors que je ne pourrai “jamais composer avec le futur“).
  • Enfin, réaliser que “la réponse, la force, l’action ou la ressource justes se présenteront lorsque vous en aurez besoin. Ni avant ni après“.
Quatrième stratégie S'inquiéter La solution

Mes observations

Les explications de Tolle me parlent beaucoup. La projection dans un futur générateur d’inquiétude est un sport que mon mental aime à pratiquer.

Par exemple lorsque je pense à un situation ou une tâche qui m’attend dans un futur et que je redoute, parce qu’elle me paraît inconfortable, ou difficile à vivre ou à accomplir.

Ou lorsque je pense à de nombreuses tâches que je dois ou aimerais effectuer dans un certain horizon et que le temps à disposition me paraît trop court. Dans ce cas, je réponds généralement à l’inquiétude par une réaction de stress: je me mets à courir pour tenter de réaliser quand-même mes tâches dans le temps imparti. Pour arriver au plus vite à ce futur que je crains de ne pas atteindre, et être fixé au plus vite sur la question de savoir si je l’atteindrais ou pas. Les mécanismes de stress et d’inquiétude se renforcent mutuellement, concourant à redoubler ma résistance au présent.

Méditation sur la peur

Fort de ma lecture de Tolle, je prends le temps de méditer aujourd’hui sur ces mécanismes mentaux. Je m’interroge: quel est le véritable objet de mon inquiétude et de mon stress ? Pour quelles raisons est-ce qu’une projection mentale, une illusion, arrive-t-elle avoir un tel pouvoir sur moi ?

J’émets plusieurs hypothèses. Et pour chacune d’elle, j’essaie aussi, toujours sur la base de ma lecture de Tolle, de voir comment je pourrais changer ma perspective de manière à ne plus générer d’inquiétude.

Hypothèse 1: la peur de l’échec

Mon inquiétude a parfois pour cause une peur de ne pas parvenir à accomplir quelque chose.

Mais, au fond, pourquoi cette perspective d’échouer me fait-elle peur ?

Parce que la chose que je cherche à accomplir est importante pour moi.

Mais pourquoi est-elle importante pour moi ?

Parce que j’ai l’impression que mon bonheur en dépend.

Ce besoin d’accomplir ne serait-il pas alors une réponse au sentiment d’incomplétude que j’éprouve du fait de mon identification au mental ?

Sans doute, et Tolle ajouterait que c’est de surcroît une mauvaise réponse: les buts extérieurs étant “soumis à la loi de l’impermanence des choses“, ils sont de toute façon voués tôt ou tard à l’échec, de sorte que je ne peux en espérer de satisfaction durable.

Je ferais donc mieux de renoncer à chercher le bonheur dans cette voie, et à tenter plutôt de faire disparaître mon sentiment d’incomplétude en m’attaquant à sa cause: mon identification au mental. J’ai meilleurs temps de m’employer à m’en désidentifier et à être présent.

Renoncer à mes besoins d’accomplir n’implique pas de renoncer pour autant à accomplir quoi que ce soit. Il s’agit seulement de renoncer à attacher de l’importance à la réussite de ces buts. Je peux toujours continuer à poursuivre ces mêmes buts, mais sans attente irréaliste, par simple jeu.

Dans ces conditions, comment la perspective d’un échec pourrait-elle encore m’inquiéter ?

Hypothèse 2: la peur d’émotions négatives

Je pense à une situation future extérieure: par exemple une tâche que je vais avoir à accomplir dans le futur.

Mon imagination joue un scénario négatif: la tâche s’avère difficile et j’échoue à l’accomplir.

Résultat: je ressens de l’inquiétude.

J’en conclus: cette tâche m’inquiète. Elle me stresse.

A la réflexion, cette conclusion n’est peut-être pas toujours exacte. J’ai l’impression que bien souvent ce n’est pas la situation extérieure (la tâche) ou sa possible issue négative qui me fait peur. Bien souvent, ce que je crains surtout, ce sont plutôt les émotions et les pensées que cette situation extérieure et sa possible issue négative risquent de susciter en moi. J’ai peur de ne pas arriver à affronter ces pensées et émotions, qu’elles me soient insupportables.

En un mot, ce n’est pas tant une situation extérieure que ma réaction intérieure à celle-ci que je crains. En un mot, l’objet de ma crainte n’est pas à l’extérieur de moi mais en moi. Le point positif c’est qu’il est donc en mon pouvoir d’agir sur lui !

Mais comment ?

Je me tourne tout d’abord vers mon expérience passée: est-ce qu’il m’est déjà arrivé d’avoir une pensée ou une émotion qui ait été vraiment insupportable ? Non. Certaines, pour sûr, ont été douloureuses. Mais insupportables ? Non. D’ailleurs, si elles l’avaient été, serais-je encore là ?

Ne puis-je donc en conclure qu’il y a peu de risque que ce qui ne s’est jamais produit dans le passé, se produise dans le futur ? Et que ma crainte est par conséquent injustifiée ? Sans doute. Mais comme je ne maîtrise pas le contenu de mes pensées et de mes émotions, je ne peux tout à fait exclure le risque d’éprouver dans le futur une situation émotionnelle pire que tout ce que j’ai jamais vécu. Et ce risque m’empêche de laisser tomber toute inquiétude.

Je me dis alors que, si le contenu de mes pensées et de mes émotions échappe à mon contrôle, la manière dont j’y fais face, elle, ne dépend que de moi. C’est donc ma manière d’affronter mes émotions négatives qui peut m’offrir un véritable bouclier contre l’inquiétude.

Si j’apprends à accueillir les émotions négatives, si je m’aperçois que j’y arrive et qu’aucune ne m’est insupportable, je n’aurai plus de raison de redouter des émotions négatives futures, ni de m’inquiéter des situations extérieures qui pourraient les susciter. Je pourrai me reposer sur la confiance que, quoi que je doive traverser dans le futur, je saurai intérieurement y faire face.

La solution à l’inquiétude future passe donc par le présent: je dois m’exercer à ressentir et accueillir mes émotions négatives (cela a d’ailleurs été déjà l’objet de plusieurs jours de ce défi). Et en est une que j’ai sous la mains et avec laquelle je peux commencer l’exercice sans attendre: mon inquiétude du futur elle-même !

Accueillir cette inquiétude pour la faire disparaître.

Hypothèse 3: la peur pour mon image

Troisième hypothèse que j’émets: mon inquiétude vient de la peur que j’ai pour mon image. J’ai peur, dans la situation future que j’imagine, de ne pas être à la hauteur de mon image: que ce soit celle que je me fais de moi-même ou celle que j’imagine que les autres se font de moi.

Cette image mentale de moi-même, c’est l’ego. Et même si j’ai l’habitude de m’y identifier, ce n’est pas ma véritable identité. Ce n’est pas moi. Je ne suis pas cela. Je n’ai donc pas à craindre de m’en écarter.

Au contraire, si je ne veux plus souffrir, je dois justement chercher à m’en écarter, à me désidentifier du mental. Ne devrais-je donc pas plutôt me réjouir que m’inquiéter de toute situation où je pourrais ne pas être “à la hauteur” de cette image ? Ne serait-elle pas pour moi précisément une opportunité de réaliser que je suis autre chose que cette image ?

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