Le défi du présent, jour 4 : “Réalité intérieure et extérieure” – Journal

SPIRITUALITE


Cet article fait partie du journal que je tiens de mon défi du présent: 10 semaines pour lire, intégrer et mettre en pratique dans mon quotidien les enseignements de “Le pouvoir du moment présent” d’Eckhart Tolle.

Retrouvez les autres entrées de ce journal.

Mon objectif du jour

J’essaie aujourd’hui de combiner mes objectifs des trois jours précédents. De combiner les deux moyens présentés par Tolle pour créer une discontinuité dans la pensée: la conscience du dedans – mes pensées (jour 1), mes émotions (jour 3)- et celle du dehors – mes perceptions sensorielles (jour 2).

Au fond, cela revient à reporter toute mon attention sur la réalité de l’instant présent (jour 2), mais en adoptant une vision plus large de cette réalité. En y incluant non seulement la réalité extérieure de l’instant, mais également sa réalité intérieure: ce qui se passe en moi, dans ma tête et dans mon corps. Cela me permettrait-il d’éviter des tensions physique comme celles que j’ai ressenties le deuxième jour ?

Au niveau des perceptions sensorielles, je décide ce jour de me concentrer sur un sens en particulier. Je choisis l’odorat, pour deux raisons:

  • J’ai en effet l’impression que je suis beaucoup moins conscient de mes perceptions olfactives que sensorielles ou visuelles. Cela me demandera donc un effort plus grand d’attention pour être et rester présent à mes sensations.
  • L’odorat est lié à la respiration, à l’inspiration. Or, le mouvement constant et régulier de la respiration lui permet de retenir plus facilement notre attention. Elle est ce que Christophe André , dans son ouvrage “3 minutes à méditer“, appelle une “cible mouvante”, au même titre que les vagues de la mer ou les flammes d’un feu de bois.

Mes observations

Aujourd’hui, ma journée ne commence pas par un moment de méditation formelle, mais par un concert de musique argentine à l’aube, au bord du lac Léman. J’essaie de pratiquer l’idée du présent fin comme une lame de rasoir en portant mon attention sur chaque note de la musique que j’entends. En concentrant mon écoute sur LA note qui est en train d’être jouée maintenant. Je ne sais pas si c’est dû à cet exercice, mais le concert me plaît beaucoup.

J’essaie de faire la même chose dans la conversation avec la personne qui m’accompagne: est-ce que j’arrive à attacher mon attention au mot précis qu’elle est en train de dire à cette instant précis, et non sur le sens général de ce qu’elle exprime ou sur ce que j’ai envie de dire ensuite ? Puis-je permettre ainsi à la discussion d’emprunter un chemin naturel et inattendu plutôt que de la contraindre à suivre le canevas rigide fixé par le mental ?

Lorsque j’observe le présent – à l’intérieur ou à l’extérieur de moi – j’ai l’impression d’avoir parfois des attentes précises par rapport à ce que j’ai envie d’observer. Que j’ai parfois une idée arrêtée sur ce qui est juste et doit donc être présent, et ce qui ne l’est pas. Exemples: mon corps doit être détendu, je dois ressentir un état de sérénité intérieure, je dois sentir telle odeur, etc.

Si ce que j’observe ne correspond pas à cette idéal, je vais chercher à faire changer de force ma perception, pour qu’elle s’y conforme. Si ce que j’observe correspond à cet idéal, je vais chercher à la figer, pour la maintenir. Dans l’un et l’autre cas, ne suis-je pas en train de résister à ce qui est plutôt que de simplement l’observer ? J’essaie donc de me défaire de toute attente, de notion de ce qui serait juste et de ce qui serait faux. Quel que soit le contenu des mes observations, c’est juste, c’est bien. Rien n’est faux. La seule chose “fausse” est ne pas pas observer, de ne pas ressentir. Il est plus “juste” de ressentir une émotion négative que d’en être inconscient.

Le soir, je prends le train pour le Valais où je passe le week-end. Le train est bondé et je dois rester de bout. Difficile donc de lire ou d’écrire comme je l’avais prévu pour passer cette heure de voyage. J’en profite pour ne rien faire d’autre que d’être présent. Je ne m’ennuie pas, j’y prends même goût. D’ailleurs, même lorsque je finis par trouver une place pour m’asseoir, durant la dernière partie du trajet, je continue cette méditation. Le trajet ne passe pas long. Mais je ne dirais pas non plus qu’il passe vite. En fait, c’est plutôt comme si je n’avais pas de durée ou du moins que je n’en avais pas de perception claire. Est-ce ce qui arrive lorsqu’on est présent à chaque instant ?

Je poursuis l’expérience lors du trajet de la gare à la maison de mes parents, que j’effectue à vélo. Six kilomètres de route, qui demandent un certain effort. Un trajet que je fais souvent en étant assez chargé et fatigué; j’ai alors hâte d’arriver à destination et le trajet passe relativement long. Ce soir, j’essaie donc ne pas penser à la destination, mais d’être présent dans chaque coup de pédale, d’embrasser mon effort plutôt que de le fuir en pensée. Là aussi, je constate que la notion de durée s’efface.

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