Margaret Mitchell Autant en emporte le vent

Autant en emporte le vent (Margaret Mitchell)

LITTERATURE


Après tout, demain est un autre jour.”

Calendrier de l'Avent 6 décembre

Cet article est la sixième fenêtre de mon calendrier de l’Avent littéraire. Chaque jour du 1er au 25 décembre 2021, je partage avec vous un livre qui m’est cher: je vous en lis un de mes passages préférés et vous raconte en quelques mots l’histoire de ce livre et mon histoire avec lui.

Comme Le pont invisible, le livre d’aujourd’hui est une autre grande fresque en temps de guerre.

Un extrait de la dernière page du livre. Une déclaration d’amour à la terre !

Autant en emporte le vent, Margaret Mitchell, volume 2, Gallmeister 2020, p. 717. Traduction: Josette Chicheportiche

Il s’agit sans doute du plus long livre de ce calendrier. Plus de 1000 pages, trois volumes dans l’édition où je l’ai lue. Il y a en que de tels pavés peuvent rebuter. Ce n’est pas mon cas. Pour moi, ils offrent plutôt une promesse. Celle d’un plaisir de longue durée. Car une fois qu’un livre a réussi à m’entraîner dans son univers, il n’y a rien que je ne crains plus que de voir sa dernière page arriver. Or, l’avantage des pavés, c’est que cette perspective est si lointaine que je parviens presque à l’oublier (ne se sent-on pas immortel à vingt ans ?) et qu’elle ne saurait ainsi venir gâcher le plaisir de la lecture, en m’en rappelant le caractère éphémère.

Bien entendu, cela suppose pour commencer que ledit pavé ait réussi à me faire entrer dans son univers. Dans mon expérience, c’est généralement le cas. Après tout, si le livre n’était pas captivant, son auteur aurait-il vraiment eu envie de passer autant de temps en sa compagnie ? (Bon, je l’avoue, je n’ai pas (encore) réussi à aller au-delà du deuxième volume d’A la recherche du temps perdu).

Je n’ai en revanche pas eu ce problème avec Autant en emporte le vent (Gone with the wind) de Margaret Mitchell, dont j’ai avalé les trois volumes le temps d’un été. Un été passé immergé dans la Géorgie de la Guerre de Sécession.

Je ne garde que d’assez vagues souvenir de l’histoire du livre, ma lecture remontant à plus de quinze ans. On y suit la vie de Scarlett O’Hara de l’aube de la guerre civile jusqu’à la période de reconstruction. Scarlett est la fille d’un riche propriétaire d’une plantation de coton. Au fil des désillusions et déboires que lui fait subir la guerre, on la voit évoluer d’une adolescente à la vie privilégiée et un peu frivole, à une femme qui se bat pour défendre ce qui compte pour elle. Comme dans Le pont invisible, les situations extrêmes d’un contexte de guerre agissent comme un catalyseur qui oblige les personnages aller chercher des ressource enfouies au plus profond d’eux-mêmes, dont ils ignoraient parfois jusqu’à l’existence. Et comme dans Le pont invisible, la forme d’une longue fresque temporelle nous permet d’être témoins de cette évolution. Et c’est beau à voir.

C’est ainsi que la jeune fille, plus habituée aux bals et réceptions, se retrouve à devoir accoucher sa belle-soeur dans des conditions pénibles, épouser un homme pour sauver de la ruine Tara, le domaine familial, ou encore enterrer le corps d’un soldat qu’elle a tué. Mais plus encore que ces différents actes, aussi héroïques soient-ils, c’est surtout sa manière de gérer émotionnellement les situations parfois insolubles qu’elle traverse, qui m’avait marqué. Lorsque, le soir dans son lit, tous ses problèmes et ses tracas tourbillonnent dans son esprit, elle ne se laisse pas faire et les dissipe avec un:

Je ne veux pas y penser maintenant. (…) Je penserai à tout cela demain“.

Et elle s’endort ! Une belle leçon de pleine conscience ! Un bel exemple pour qui comme moi a tendance à être sujet aux insomnies lorsque le stress se fait sentir. La désormais fameuse exclamation de Scarlett, par laquelle ce roman-fleuve s’achève, pourrait ainsi être sa devise : “Après tout, demain est un autre jour.” Scarlett O’Hara, disciple d’Eckhart Tolle avant l’heure ?

Et il y a aussi l’amour. On pense bien sûr à sa relation avec Rhett Butler, le couple mythique qu’ils forment. Mais il y a aussi Tara, la terre de ses ancêtres. Une terre qu’elle quitte plusieurs fois mais qui agit sur elle avec le même pouvoir d’attraction que la montagne de Grana pour Pietro dans Les Huit montagnes. Le voyage de Scarlett se termine par une double réalisation: elle aime Rhet et elle aime Tara. Et si elle a perdu Rhett, Tara l’attend et elle va la retrouver. Et de là bas, peut-être, récupérer Rhett. Comment ? Elle y pensera demain. Après tout, demain est un autre jour.

Newsletter par e-mail

Inscrivez-vous pour recevoir les nouveaux articles directement dans votre boîte mail !

(pas de spam, désinscription possible à tout moment en 1 clic)

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

code